Mot de la rédaction par Kelley Moore UPC, FICU et Tharini Prakash
Vers un développement durable
Ce numéro spécial porte sur l’objectif de développement durable n° 11 (ODD 11) des
Nations Unies : villes et communautés durables. Il offre une perspective canadienne sur le débat mondial visant à atteindre l’objectif de créer des villes et des établissements humains inclusifs, sûrs, résilients et durables.
En septembre 2015, le Canada et tous les États membres des Nations Unies ont adopté le Programme de développement durable à l’horizon 2030 (Programme 2030). Les ODD constituent le cadre du Programme 2030 et comprennent 17 objectifs et 169 cibles élaborés pour guider les pays, les organisations et les communautés vers un avenir plus durable. L’ODD 11 comprend 7 cibles.
Cette année, ONU-Habitat entreprendra un examen complet de plusieurs objectifs, dont l’ODD 11. Parallèlement à ces travaux, le gouvernement du Canada procède à un examen à l’échelle nationale afin d’éclairer l’examen mondial. Cette édition de Plan Canada donne un aperçu de ce que font les urbanistes pour faire progresser l’ODD 11.
Il est essentiel de mobiliser l’ODD 11 dans un environnement mondial en rapide évolution, grâce à des rapports réguliers, des témoignages et des données probantes fournis par les urbanistes, afin de démontrer sa valeur et sa pertinence au cœur de la planification. Ce numéro attire l’attention sur la sous-utilisation du cadre comme mécanisme d’orientation du développement. Il met également en évidence la sous-déclaration collective à différents niveaux de gouvernance, dans le monde universitaire et dans la société civile, révélant les défis fondamentaux rencontrés dans la mobilisation des objectifs mondiaux au niveau local – des défis qui relèvent de la responsabilité partagée entre les parties prenantes et les contextes, en particulier lorsque les rapports sont volontaires et non contraignants. La relation symbiotique entre les échelles locale et mondiale démontre les interdépendances, la valeur de l’échange de connaissances et l’importance de comprendre les approches contextuelles efficaces.
Le manque de connaissances partagées trouve son écho dans le contexte du Royaume-Uni où il est mis en évidence par la responsabilité des urbanistes qui sont les fers de lance de la mise en œuvre et par la nécessité de créer une bibliothèque mondiale de ressources. Cela implique notamment d’établir un dialogue avec les établissements d’enseignement afin d’aider à planifier les communautés et à développer des modèles évolutifs grâce à des idées innovantes.
La planification autochtone, qui reflète intrinsèquement le cadre de l’ODD 11 et s’appuie sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP), ouvre le dialogue sur la commémoration du patrimoine urbain mi’kmaw et autochtone et sur la planification durable fondée sur les droits. L’accord bilatéral entre la Première Nation des Mississaugas de l’île Scugog et de la région de Durham, signé en juillet 2025, met en avant une approche relationnelle pour le co-développement des collectivités grâce à la collaboration. Il reflète en outre la compréhension plus profonde que la durabilité nécessite des échanges importants et des actions locales concrètes. Les connaissances intergénérationnelles des terres et des eaux sont mentionnées dans le plan de gestion environnementale (PGE) Chemawawin, dirigé par la nation, où convergent la culture, l’adaptation au climat et les politiques d’utilisation efficace des ressources.
Un autre aspect unique abordé dans le cadre de la planification durable des communautés canadiennes est le vieillissement démographique, qui connaît la croissance la plus rapide, en particulier lorsqu’il s’agit de logements sûrs, abordables et inclusifs. L’utilisation diversifiée et efficace des terres et la mobilité ont été des considérations clés pour promouvoir l’autonomie, l’appartenance et le bien-être des personnes âgées.
Cette série d’articles marque un changement de perspective en matière d’urbanisme en explorant des initiatives locales innovantes, des partenariats, des outils de planification et des approches politiques qui incarnent l’esprit de notre vision mondiale commune et contribuent à éclairer l’examen mondial de l’ODD 11 par les Nations Unies.
Ce numéro met en évidence les multiples voies qui s’offrent aux urbanistes canadiens pour s’engager et défendre leurs intérêts à l’échelle mondiale, tout en améliorant continuellement les plans et les systèmes locaux dans un monde en rapide urbanisation.
Comment lire ce numéro de Plan Canada
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À propos des rédacteurs

Kelley Moore UPC, FICU, allie politique publique, aménagement du territoire et innovation. En tant que vice-présidente d’Innovation Saskatchewan, elle dirige la stratégie en matière de recherche et de parcs technologiques. Elle occupe également le poste de secrétaire générale de la Commonwealth Association of Planners, où elle œuvre à la promotion de la collaboration internationale et du développement durable.

Tharini Prakash, technicienne en urbanisme, District régional d’Okanagan-Similkameen
Tharini Prakash, architecte reconvertie en urbaniste, travaille pour le District régional d’Okanagan-Similkameen. Basée dans l’Ouest canadien, elle œuvre en faveur d’un développement durable à travers les politiques des collectivités locales, la planification de la réconciliation et les projets d’aménagement à grande échelle.