Mot de la rédaction par Harrison Ellis UPC, MICU et Ezra Wasser UPC, MICU
La seule constante est le changement
Alors, comment réagir face au changement? Le thème de ce numéro de Plan Canada est « Se préparer aux perturbations ». Lorsque l’on réfléchit aux perturbations, il est utile de les envisager par opposition à leur contraire, la stabilité. Lorsqu’ils discutent de croissance, les urbanistes n’ont pas tendance à utiliser le terme « stabilité », mais nous avons tendance à sous-entendre un état futur de stabilité par l’intermédiaire de la durabilité. Les trois piliers de la durabilité (durabilité économique, environnementale et sociale) peuvent fournir un cadre pour classer les événements perturbateurs. Ce numéro de Plan Canada examine ce qui se passe lorsque les piliers de la durabilité sont ébranlés, entraînant des perturbations économiques, environnementales et sociales.
Les perturbations sont rarement imprévisibles; nous disposons d’une multitude de données, de modèles historiques et contemporains et de l’expertise de nos pairs que nous pouvons utiliser pour intégrer la résilience dans nos décisions quotidiennes. Ce numéro de Plan Canada vise à aider à compiler ces connaissances accumulées afin de poursuivre notre échange professionnel sur la résilience.
Nous entamons notre discussion sur les perturbations en changeant notre état d’esprit, passant d’une approche réactive à une approche proactive. Jack Lindsay ouvre le bal en reprenant un appel à l’action lancé il y a plusieurs décennies aux urbanistes afin qu’ils intègrent la réduction des risques et l’adaptation aux aléas dans la planification communautaire.
Kevin Hanna, Troy McMillan, Mark Seasons et Kayleigh Swanson examinant les capacités nécessaires pour une résilience urbaine globale face aux catastrophes et proposent un cadre intégré en six parties pour la planification des risques, mettant l’accent sur l’inévitabilité, la résilience et la collaboration.
Glenn Miller montre comment les initiatives passées liées à la résilience environnementale au Canada peuvent nous fournir des enseignements sur la manière dont nous pouvons avoir un impact positif à l’avenir. Chris Jones apporte un éclairage supplémentaire en retraçant l’histoire politique des racines entremêlées de l’urbanisme et de la conservation de l’environnement en Ontario.
Reprenant le thème de la conservation en Ontario, Victoria Kramkowski, John MacKenzie et David Kellershohn de l’Office de protection de la nature de Toronto et de la région, discutent de la manière dont les offices de conservation de l’Ontario se préparent et réagissent aux tempêtes violentes et à leurs conséquences. Kyra Howes et Dalia Al-Ali, de l’Office de protection de la nature de la Nottawasaga Valley, ajoutent des exemples d’infrastructures vertes qui contribuent à une gestion efficace des bassins versants, protégeant les communautés tout en favorisant une croissance durable et la gestion responsable de l’environnement.
Kyle Schole revient sur ses expériences pendant la saison des feux de forêt de 2025 et partage les leçons apprises et les enseignements tirés de son expérience directe sur les liens entre la planification à long terme et la manière dont les institutions coordonnent les interventions et soutiennent le public en cas d’urgence.
Les situations d’urgence peuvent nous amener à reconsidérer notre paysage. Mark Barsevskis et Magi Scallion discutent de la manière dont la conception et la construction de réseaux de sentiers peuvent jouer un rôle essentiel dans la planification d’urgence et renforcer la résilience de nos réseaux de transport à travers le pays.
Par ailleurs, Sawyer Jonker et Jennifer Dean explorent les conséquences de la perturbation des réseaux de transport par l’économie des petits boulots, en étudiant l’afflux des coursiers à vélo qui utilisent les trains régionaux pour se rendre au travail dans la région du Grand Toronto et de Hamilton, ainsi que les défis auxquels sont confrontés les cyclistes et les opérateurs.
Sara Epp, Christopher Fullerton, Natasha Gaudio Harrison et Ryan Gibson examinent les schémas de migration des zones urbaines vers les zones rurales au début des années 2020, pendant une période de crise, leurs répercussions sur les individus et les communautés, ainsi que les défis actuels en matière d’infrastructures physiques et sociales.
Sadia Afrin Lema et Robert Patrick discutent des plans d’urgence et de leur manque de langage, de considération et de politiques spécifiques visant à soutenir les femmes et les filles des Premières Nations en temps de crise, ainsi que des possibilités de passer à des cadres d’urgence dirigés par les Autochtones, sensibles au genre et adaptés à la culture.
Grâce à notre capacité à établir des liens entre les disciplines et à identifier des scénarios, nous, les urbanistes, sommes de plus en plus à l’avant-garde de l’atténuation des risques et de la résilience aux catastrophes. Nous nous efforçons d’assurer la durabilité et la résilience pour tous les membres de nos communautés, tout en reconnaissant les réalités d’un monde en constante évolution et chaotique. À chaque recommandation et décision, nous avons la responsabilité d’anticiper à la fois les événements individuels potentiellement catastrophiques et les successions d’événements perturbateurs qui s’aggravent.
Le comité de rédaction de Plan Canada a été ravi de la réponse à notre appel pour des articles sur le thème « Planifier en prévision des perturbations ». Nous exprimons notre gratitude à chaque auteur pour ses idées et les solutions qu’il a identifiées alors que nous sommes confrontés à ces problèmes interdépendants et multidimensionnels. Tandis que nous construisons ensemble pour le bien de notre génération et des générations futures, veuillez tenir compte de ces leçons apprises afin d’aider nos communautés à se préparer à affronter ensemble les tempêtes, tant à court qu’à long terme.
Comment lire ce numéro de Plan Canada
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À propos des rédacteurs

Harrison est un urbaniste professionnel agréé qui se consacre au soutien des communautés autochtones. Son travail avec Dillon Consulting s’est concentré sur l’évaluation des besoins en matière de logement et d’installations, sur les plans d’occupation des sols et sur la planification stratégique. Il est diplômé en urbanisme de l’université Dalhousie et en politique publique internationale de l’université Wilfrid Laurier.

Ezra est un planificateur professionnel agréé et un gestionnaire de projet pour la ville de Toronto. Avant de rejoindre l’équipe de la ville de Toronto, il a travaillé comme planificateur pour la ville de Calgary. Ezra est diplômé de l’école d’urbanisme de l’université de Waterloo, il poursuit actuellement des études supérieures en administration publique dans le cadre du programme d’administration locale de l’université Western, et il est bénévole au sein du district de Toronto de l’Institut des planificateurs professionnels de l’Ontario.