L’ICU et l’OUQ ont organisé FUSION 2026, le plus important congrès national sur l’urbanisme au Canada, à Montréal du 7 au 9 juillet 2026. Le congrès n’aurait pas été un succès sans le soutien de nos étudiants bénévoles et de notre partenaire du programme de bénévolat étudiant, la Ville de Calgary.

Dans cette entrevue, nous rencontrons Abigail Dawe-Roy, étudiante à la maîtrise en urbanisme à l’Université de Montréal, qui nous fait part des moments forts du congrès, des leçons qu’elle en a tirées et de ses conseils à l’intention de ses camarades étudiants en urbanisme.

Pouvez-vous nous parler un peu de vous-même et nous expliquer pourquoi vous avez décidé d’étudier en urbanisme?

J’ai récemment terminé ma maîtrise en urbanisme à l’Université de Montréal. Ce qui m’a attirée vers l’urbanisme, c’est la possibilité de créer et de façonner des espaces qui ont une incidence concrète sur le quotidien des gens. Ayant grandi dans une région rurale du Québec, les sorties à Montréal me semblaient toujours emballantes. Lorsque j’ai ensuite déménagé plus près de la ville pour poursuivre mes études, j’ai commencé à dépendre de plus en plus du transport collectif pour me déplacer. Mes voyages à l’étranger m’ont également permis de découvrir différentes approches en matière de mobilité et de design urbain, ce qui a éveillé mon intérêt pour la manière dont nos villes pourraient être améliorées.

Qu’est-ce qui vous a motivée à faire du bénévolat à FUSION 2026?

À l’approche de la fin de ma maîtrise, je cherchais d’autres façons de m’investir dans le milieu de l’urbanisme lorsqu’un groupe d’amis m’a appris que le congrès FUSION se tiendrait à Montréal cette année-là. J’ai tout de suite compris que ce serait une excellente occasion d’apprendre directement auprès de professionnels chevronnés et de nouer des liens avec d’autres étudiants et urbanistes. J’étais particulièrement enthousiaste à l’idée de découvrir les coulisses d’un congrès national sur l’urbanisme, tout en explorant les différentes avenues qu’offre la profession.

Y a-t-il eu une interaction mémorable avec un délégué, un conférencier ou un autre bénévole qui vous a particulièrement marquée?

Bien qu’il soit difficile de choisir parmi les nombreux conseils inspirants offerts par les conférenciers de renom, une idée entendue lors de la séance « Rencontres et mentorat » m’est particulièrement restée : « les urbanistes aiment aider d’autres urbanistes ». Je ne pourrais mieux résumer ce que j’ai vécu tout au long du congrès. Que je m’adresse à un autre étudiant ou à un professionnel chevronné, j’ai toujours été accueillie avec la même chaleur et le même esprit de camaraderie, ce qui m’a donné encore plus envie de faire officiellement mon entrée dans la profession.

Que signifie pour vous le fait de faire partie de la communauté de l’urbanisme, et en quoi ce congrès a-t-il influencé cette perception?

Pour moi, faire partie du milieu de l’urbanisme, c’est partager un objectif commun : améliorer le monde dans lequel nous vivons, que ce soit par la promotion de politiques publiques, le développement durable ou le leadership communautaire. L’urbanisme étant une profession relativement jeune, tous les urbanistes connaissent sans doute la question redoutée de leur famille et de leurs amis : « Mais au juste, que fait un urbaniste? » À cela, je répondrais : « Que ne faisons-nous pas? » Il peut parfois être difficile de décrire la diversité et l’ampleur du domaine, mais FUSION m’a montré que, lorsqu’il est bien pensé, l’urbanisme a une incidence concrète sur notre quotidien.

Y a-t-il eu un sujet abordé lors du congrès qui a changé votre façon de voir l’urbanisme?

Un sujet qui a changé ma façon d’envisager l’urbanisme est la distinction entre l’exercice de la profession dans les secteurs privé et public. Avant le congrès, je ne comprenais pas pleinement pourquoi choisir entre les deux pouvait constituer une décision de carrière aussi difficile. En écoutant des urbanistes qui sont passés d’un secteur à l’autre, j’ai compris qu’il n’existe pas un seul bon parcours : le choix dépend souvent de nos champs d’intérêt personnels, de nos valeurs et du type d’impact que nous souhaitons avoir. Pour la suite de ma carrière, je trouve rassurant de savoir que mon parcours pourra évoluer au fil de mes intérêts et de mes objectifs.

En quoi le bénévolat au congrès a-t-il influencé vos objectifs de carrière?

Mon bénévolat au congrès m’a donné davantage confiance en moi pour aller vers les autres et nouer des liens. Quand on passe trois jours à parcourir un congrès dans un chandail bleu vif portant l’inscription « BÉNÉVOLE », les gens viennent plus facilement vers nous, ce qui m’a permis de nouer de nombreux liens enrichissants. Surtout, mon bénévolat et ma participation à la séance « Rencontres et mentorat » m’ont permis de rencontrer une personne qui me sert désormais de mentor et qui supervisera mon travail pendant mon parcours vers l’obtention du titre d’urbaniste professionnelle agréée au Québec. Cette expérience m’a rappelé que les occasions professionnelles les plus précieuses naissent parfois simplement du fait d’oser se présenter et entamer une conversation.

Avez-vous des conseils à donner aux autres étudiants en urbanisme qui envisagent de faire du bénévolat lors de futurs congrès?

Je recommande sans hésiter aux autres étudiants de faire du bénévolat au congrès de l’an prochain. Je n’avais même pas l’impression de travailler, car bon nombre des séances auxquelles je souhaitais assister étaient justement celles pendant lesquelles je devais « travailler ». J’ai également beaucoup apprécié l’esprit de camaraderie qui régnait parmi les étudiants bénévoles. Même si beaucoup d’entre nous venaient de faire connaissance, je sais que lorsque nos chemins se croiseront de nouveau, nous nous remémorerons le temps passé ensemble à FUSION. Mon principal conseil serait de saisir toutes les occasions de vous présenter, de poser des questions et de vous ouvrir aux rencontres inattendues que le bénévolat peut susciter.

Y a-t-il autre chose que vous aimeriez partager avec les membres de l’ICU?

Je suis extrêmement reconnaissante envers l’ICU, l’OUQ, ainsi que tous les organisateurs, conférenciers, mentors et autres bénévoles qui ont fait de FUSION 2026 une expérience aussi mémorable. Au moment de passer du statut d’étudiante en urbanisme à celui de professionnelle, cela m’a rassurée de constater à quel point le milieu de l’urbanisme peut être accueillant et solidaire. Je repars du congrès non seulement avec de nouvelles connaissances et de nouveaux liens, mais aussi avec une idée beaucoup plus claire du type d’urbaniste que j’espère devenir. J’ai hâte de conserver cette curiosité et ce sentiment d’appartenance alors que j’entame ce nouveau chapitre de ma carrière.


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A propos de l’auteur

Abigail a récemment obtenu une maîtrise en urbanisme de l’Université de Montréal. Forte d’une formation en design d’intérieur, elle s’est tournée vers l’urbanisme en raison de son intérêt pour la création d’espaces qui améliorent le quotidien des gens. Ses études l’ont ensuite amenée à explorer le design urbain, la mobilité et le développement durable. Pendant sa maîtrise, elle a mené des recherches sur l’accessibilité aux abords des stations de transport collectif à Hanoï, au Vietnam, et s’est particulièrement intéressée à la façon dont les transports et l’espace public peuvent façonner l’expérience urbaine des gens. Lorsqu’elle ne travaille pas à son prochain projet d’urbanisme, Abigail se trouve généralement à l’écurie avec son cheval.